La course folle !

L’été s’est évadé en douce et c’est le grand retour de l’agenda gribouillé d’horaires de classes, de devoirs, de rencontres… et d’un semblant de vie ! Comme nous, les théâtres se sont préparés à la rentrée automnale et nous dévoilent leurs programmations 2013-2014.

Des programmations qui présentent de plus en plus un intérêt pour le mélange des disciplines scéniques et artistiques. Le théâtre s’alliant avec la danse, la musique, la littérature, la technologie, etc. C’est un théâtre diversifié auquel on fait place, avec risque et plaisir !

Outre l’interdisciplinarité, ce qui saute au visage, c’est que plusieurs de leurs propositions ne sont pas nouvelles ! Ce sont des reprises, mais pour la plupart, excellentes ! Je pense à Moi, dans les ruines rouges du siècle (Théâtre d’Aujourd’hui), unanime quant à son succès, mais aussi à Chlore (qui passe de La Licorne au Théâtre d’Aujourd’hui), Caligula_Remix (de La Chapelle au Théâtre Usine C) et L’assassinat du Président (du Festival Zoofest au Théâtre D’aujourd’hui). Et il y en a d’autres… plusieurs autres !

Si certaines de ces retrouvailles me plaisent au plus haut point, me voilà aussi désappointée de constater l’expansion de ce phénonème. À croire que les recettes gagnantes rapportent tant aux théâtre qu’au public, qui doit en faire la demande. Je ne suis pas en train de dire que les productions sélectionnées ne le méritent pas, mais c’est seulement que je me vois désolée de voir les noms d’une jeune relève créatrice et ambitieuse se faire gober par ceux qui ont déjà été acclamés. Cette relève même qui tente de rejoindre, lentement mais surement, un public plutôt similaire à celui qui est réinvité dans la majorité des institutions, en cette saison de « déjà vu ». Serait-ce la restriction des budgets de financement qui se fait sentir ? Peut-être. Il faut bien combler un manque pour un autre, afin de pouvoir survivre dans la  »clique » des abonnements. L’argent et l’art n’ont jamais fait bon ménage. Même les plus grandes institutions (et surtout elles!) n’y échappent pas. Elles utilisent bien, comme elles peuvent, les uniques ressources disponibles pour faire perdurer le théâtre, sous un gouvernement qui ne souhaite clairement pas en faire autant. Cela s’apparente trop souvent à la fidélisation du public et de leurs portefeuilles, malheureusement. Tout comme elles, je constate de plus en plus le combat d’une cause qui ne se fait pas entendre. Pire encore : c’est un combat qu’elles semblent parfois se mener entre elles, malgré elles…

Il y a tout de même de quoi se mettre sous la dent, pour ceux et celles qui raffolent des nouveautés pour petit budget comme moi. Cartes Premières, c’est plus de la moitié des productions de la programmation qui en sont à leur première collaboration, et tous les spectacles offrent un rabais de 50% lors de leur première semaine de représentations ! C’est avec ces très bons arguments et avec peu de financement, mais beaucoup d’humour, que Cartes Premières a voulu se tailler une place de choix dans cette course folle aux abonnés. Son lancement 2013-2014 a accueilli à bras ouverts un public de fidèles et de curieux. L’évènement est une plateforme de visibilité pour les productions autogérées, et ce, depuis 10 ans. S’opposant farouchement, comme toujours et malgré tout, au choix d’une direction artistique pour les projets qui y appliquent, le but est avant tout de fidéliser le public aux artistes plutôt qu’aux institutions. Une initiative follement appréciée !

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Et comme dernier recours à toute cette mauvaise frénésie des rendements annuels et aux difficiles conditions des autoproductions d’aujourd’hui, l’évènement expose le mandat de La Commission Cochon, que je vous incite à lire à l’instant en prenant quelques minutes  sur ce site : http://commissioncochon.weebly.com/le-manifeste.html. Mais vous attendez quoi ? Allez améliorer votre culture générale, bande d’étudiants !

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