Pourquoi je ne dis jamais oui au système de santé!

Je sais avec un titre comme ça, je vais passer pour une grano qui guérit la pneumonie de ses enfants en leur faisant boire des huiles essentielles, mais de 1- je ne suis pas une vraie grano et de 2- essaie plutôt le fenugrec pour la pneumonie.

Je dis jamais oui au système de santé. Bon ok, pour que tu comprennes un peu mieux ce que je veux dire je vais t’expliquer ma vie (ben, une partie là, c’est quand ben même juste un blogue).

À l’âge de 4 mois, mon fils s’est fait hospitaliser pour une infection urinaire. Avant d’aller plus loin, je te rassure tout de suite, il va bien et il fait pipi quand il veut, où il veut sauf dans la toilette!

Quand je me suis rendue à l’hôpital avec mon fils de 4 mois fiévreux depuis quelques jours, j’étais inquiète et je me suis dit : J’espère que c’est rien de grave (j’ai oublié de mentionner que je suis hypocondriaque aussi) et sauvez mon bébé!

On a fait passer des tests à mon fils et je me suis dis : ils savent ce qu’ils font, ça va bien aller. Le verdict tombe : infection urinaire, il doit avoir des antibiotiques par voie intraveineuse. Ouf rien de grave, allons-y.

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Pour installer le cathéter (lire insérer une aiguille), ils m’ont demandé de coucher mon bébé sur la table. J’ai demandé à le garder dans mes bras parce qu’il était calme, ils ont refusé. Je me suis dit « ils savent ce qu’ils font! » alors, j’ai couché mon fils sur la table.

Une infirmière tenait mon bébé de force pour ne pas qu’il bouge ce qui l’a fait hurler immédiatement et une autre infirmière essayait de le piquer. Je me suis dit : « respire Emilie, elles savent ce qu’elles font » et je parlais à mon bébé doucement pour le calmer.

Les infirmières ont piqué mon fils à l’intérieur du coude gauche, du coude droit, sur la main gauche et sur la main droite sans succès. Mon fils a perdu connaissance à force de crier et de souffrir.

Pause. J’ai allaité mon fils et lorsque les infirmières sont revenues, je leur ai demandé de tenter le coup pendant qu’il était au sein. Elles ont refusé et je me suis dit « elles savent ce qu’elles font » alors j’ai recouché mon fils sur la table.

Il s’est mis à pleurer. On l’a piqué sur le pied gauche puis sur le pied droit, sans succès. À ce moment-là, j’ai demandé : Est-ce possible de lui donner les antibiotiques d’une autre manière? On m’a répondu que c’était vraiment par voie intraveineuse la meilleure manière. J’ai pensé « Décidément, elles savent ce qu’elles font. Respire Emilie ça va être bientôt fini ».

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On a piqué mon fils sur l’avant-bras gauche puis le droit sans succès. Mon fils a perdu connaissance une 2e fois. Une infirmière m’a alors dit : Madame, comme on n’arrive pas à installer le cathéter, on va lui donner son antibiotique de manière intramusculaire.

J’ai disjoncté. Pas dans la vraie vie-là, t’inquiète pas, je suis civilisée pis toute, mais dans ma tête j’ai disjoncté. QUOI? En tout et partout tu viens de piquer mon fils de 4 mois 8 fois sans succès en le faisant hurler plus qu’il ne l’avait jamais fait depuis le début de sa vie en lui faisant perdre connaissance 2 fois sans avoir envisagé cette solution-là avant?

Noah pleure
crédit photo : Mc Knoell Alexis

T’en fais pas, je suis pas là pour juger le travail des infirmières, peut-être que ça faisait 16 heures en ligne qu’elles travaillaient sans avoir mangé, j’en ai aucune idée, mon point n’est pas là. (ceci dit il faudrait le revoir le manque de ressources du personnel hospitalier)

Non mon point est : où est-ce que j’étais moi? Oui, moi, la mère de mon fils? Pourquoi je me suis engourdie à coup de « Elles savent ce qu’elles font »? C’est mon rôle à MOI de veiller sur mes enfants et d’être là pour eux dans toutes les situations qu’ils vont vivre, surtout quand ils ont 4 mois et qu’ils peuvent pas se défendre tout seuls.

Ce soir-là, j’ai pleuré longtemps en berçant mon fils. Il n’y avait pas de mots assez forts ni assez puissants pour m’excuser auprès de lui pour ne pas avoir pris le temps de poser les questions, pour ne pas avoir insisté davantage quand je savais au fond de moi qu’il y avait un autre moyen.

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Oui, ce soir-là j’ai pleuré, mais j’ai surtout promis à mon fils que je ne le laisserais plus jamais tomber.

Noah dort sur Emilie
crédit photo : Mc Knoell Alexis

Depuis ce jour-là, je n’ai plus jamais dit oui au système de santé aveuglément. Je questionne, je demande, je propose et j’argumente. Je sais bien que les médecins et les infirmières sont qualifiés pour faire ce qu’ils font (j’espère ben), mais j’ai aussi réalisé que MOI j’étais l’experte de mes enfants.

Si les médecins détiennent les connaissances de la maladie, moi j’ai les connaissances de mes enfants.

Malheureusement on vit dans une société où la médecine domine l’humain, mais malgré tout, j’espère vraiment qu’on sera de plus en plus nombreux à ne plus jamais dire oui aveuglément au système de santé.

Mère Rebelle

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27 réflexions sur “Pourquoi je ne dis jamais oui au système de santé!”

  1. Quelle histoire! Soit dit en passant, maintenant, dans le protocole de gestion de la douleur pour le nouveau-né, il est prévu de faire les traitements tandis que bébé est au sein, De 1 – il sécrète alors des hormones favorables pour réduire la douleur et être vaguement euphorique et 2 – Ya rien comme un sein pour consoler et rassurer un bébé, alors il est déjà pré-consolé! Tu es bien indulgente envers les infirmières et tu as bien sur raison, mais avouons que c’est sacrant cette attitude systémique dans ce territoire des savants de la santé qui ne savent plus prendre en considération que les parents sont les experts de leurs enfants et qu’avec un brin d’humilité, ils découvriraient les meilleurs alliés du monde dans ces parents qui ne veulent que la meilleure issue possible pour leur rejeton. J’en veux à ce système qui écrase l’instinct d’une mère, le bafoue et le réduit à une nuisance. Alors voilà, emboîtons le pas avec l’assurance que nous les mères, sommes le meilleur gage de santé et de protection pour nos enfants et qu’aucun titre de doctorat ne peut changer ça.

    1. wow Lysane! J’ai envie de voter pour toi aux prochaines élections! Oui moi aussi j’en veux à tout système qui écrase mon instinct ET mes connaissances sous prétexte que ce n’est pas scientifique. Je continuerai de me battre, ça c’est sûr!

  2. Un jour, on prendra un café (ou une limonade!) et je te raconterai la ponction lombaire que les infirmieres ont planifié pour ma fille de 2 mois qui etait a l’hosto pour une vulgaire infection du canal lacrimo. Oh! Et sa prise de sang dans la fontanelle….
    Je ss grano et je m’assume. J’ai refusé le tout en les traitant de cinglées (en anglais), et j’ai guérit mon bébé à grands coups de lait maternel dans l’oeil.
    Je suis grano… Et je m’assume!

  3. Wow, qu’elle histoire d’horreur !! Je suis infirmière et nouvelle maman d’un ti pou de 2 mois et je peux te dire que je n’aurais pas accepter la moitié que ton bb a subit. Je nais pas une grande expérience en pédiatrie mais j’ai eu l’occasion de travailler quelques temps dans ce domaine et plusieurs années en service d’urgence et jamais au grand jamais nous n’avons martyrisé un enfant de la sorte !! Il existe des moyens pour éviter la douleur, le gaz, les patchs et le truc super simple que l’on utilisait en pedia pour les nourrissons : du sucre !! Quelques gouttes de sucre liquide sur la suce et hop bb était pique sans douleur et le plus important ON INSISTAIT PAS COMME DES DÉBILES !!!!!. Une fois je me suis vue attendre 30 mn a parler avec un tit gars de 5 ans pour le destresser et lorsque je lui est posé son cathéter il n’a rien senti, on a beau travailler dans un service d’urgences avec les enfants s’est important de prendre le temps et surtout pour les nourrissons et faire participer papa et maman est primordial !
    Et pour finir, je suis une infirmière pro naturopathie et homéo parce que oui ça donne de bons résultats et non je ne suis pas toujours en total accord avec certains traitements (acharnement thérapeutique). Et oui c’est très important en tant que « patients » de poser des questions !! Et j’aime mon métier aussi fou peut-il être ;)

    1. Merci pour le partage Isa. Malheureusement, je ne suis pas la seule qui a vécu ça! Je pense que la vulnérabilité et l’inquiétude nous fait perdre notre jugement, en tout cas moi je l’ai perçu comme ça, mais après coup quand on revoit la situation, on fait mais voyons donc? Ce qui fait que maintenant je suis beaucoup plus alerte quand je suis à l’hôpital!

  4. Ouff! Vraiment pas facile! Par chance que mon médecin est humain et a prime a bord pour les vaccins il m’avait proposé de la mettre au seins ou de la prendre. Mais quand j’ai accouché, je voulais allaiter et le premier 3h je n’avais pas de lait donc l’infirmière qui était là ( dans la 50aine) me pincait a répétition les bouts de mamelons en me disant que ca stimulerait la production et moi, de lui faire confiance a 100%…résultat…les pires nuits a l’hopital, je souffrais le martyr au moment de la tété, qui se faisait au 4h, obligatoirement. Une infirmière venait meme nous réveiller la nuit quand elle dormait pour qu’elle boive.. Ok je comprends, je n’avais pas beaucoup de lait… Bref,une fois chez moi j’ai fini par avoir une montée de lait mais j’ai eu des gercures pendant 3 semaines et je souffrais environ 8 fois par jour pendant 40min…mais je voulais malgré tout continuer pour donner le meilleur à ma fille. Quand l’infirmière du clsc est venu chez moi elle nen revenait pas qu’elle m’ait pincer les mamelons au lieu de le faire a la base du sein…

    1. Je compatis! On pense sincèrement qu’elles savent ce qu’elles font, alors on fait confiance, mais un jour on sait et après on ne se laisse plus prendre! Du moins, je l’espère! :)

    2. C’est tout à fait ridicule de pincer le sein, que ce soit le mamelon ou la base du sein. À la naissance on n’a pas de production comme tel, on produit quelques gouttes de colostrum qui n’a besoin que de la tétée de bébé pour s’exprimer. La montée de lait arrive quelques jours plus tard. Certains hôpitaux veulent recueillir quelques gouttes de colostrum dans une seringue dans un but de prévention. Je trouve ça un peu étrange même si l’intention est bonne. L’idée est de prévenir la prescription d’un substitut du lait maternel si jamais le bébé présente une glycémie un peu basse… Si en plus il a du mal à téter (ça arrive), si on lui donne le colostrum à la seringue, sa glycémie remontera et ça pourra lui éviter le biberon de lait artificiel… Cette pratique est entre autre due au fait que de nos jours, les bébés naissent avec un certain taux de médicament dans le sang (péridurale ou autres anesthésiques donnés à la mère), ce qui fait qu’ils sont plus nombreux à être amortis, moins alertes et donc plus nombreux à avoir du mal à téter au début…

  5. Merci merci!!!
    ENFIN une personne qui arrive à écrire EXACTEMENT ma façon de penser!
    Merci de mettre des mots là où je n’y arrivais pas! J’ai vécu tellement de situations dans le même genre! MERCI!

  6. C’est aussi pour ça que je t’aime ma vieille amie, malgré tes airs hippie & grano de gauche, tu parviens toujours à trouver les mots juste et simple. Je vous embrasse tout les 4 xxxx

  7. Je suis totalement en accord avec toi… on se dit trop souvent « ils savent ce qu’ils font  » !! Il y a 2 ans de cela… J’ai fait une infection urinaire… c’etait ma deuxieme ! Mais j’ai decidr d’attendre une journee avant d’aller consulter faute de manque de temps !! Mais un soir j’ai du monter car je me suis mise a faire bcp bcp de fievre! Je suis arriver la bas et bien sur un pipi test et ils m’ont frapper ds le dos et je n’avais pas mal ! Je passe donc la nuit a l’hopital et le matin le chirurgien vient me voir et me dit que c’est sur a 99% que c’est une crise d’appendicite… je pense qu’il sait de quoi il parle… et j’ai si mal !! Alors operation d’urgence , je me reveille quelque temps apres,appendice en moins.. il ns rencontre mon conjoint et moi et :appendice en parfaite etat…. mais il l’a quand meme enlevrr… car il avait pour son dire que je ne rrviendrai pas un jour pour ca… car elle n’y est plus :( il me sort de l’hopital,je n’ai plus d’intraveneux.. rien!! En faite avant de sortir on lui demande « mais quoi que jai alors ?! » il di qu’il l’ignore et de revenir a l’urgence si ca recommence ! WOW !!!!! Ca ne fesait pas 4heures que j’etais a la maison que ca recommence : douleur extreme,fievre…. mon chum etait pas mal choquer alors ns sommes aller a une autre hopital… finalement : pyelonephryte !!! Depuis ce temps…. j’ai tjs mal ds le bas du dos et un morceau de robot en mois … Et le pire: ma confiance vis a vis eux!!!!!!!

    1. C’est un cas de poursuite pour atteinte à l’intégrité physique, il aurait fallu ton accord avant de t’enlever une appendice saine et ce ne doit pas être dans les protocoles réguliers ça: on ouvre le ventre pour une raison ou l’autre, puis on enlève les appendice saine sous prétexte que ça ne sert à rien! Et ensuite, ça sent la pratique médicale déficiente de ne rien faire de plus pour diagnostiquer une pyélonéphrite qui n’est quand même pas un syndrome rare. Je ferais au moins une plainte à l’hôpital et serais plus que tentée par la plainte au Collège des médecins.

  8. Du même avis, en tant que futur maman, déjà avant la naissance, c’est que du grano 100% vers quoi je me suis orienté pour garnir la pharmacie et la chambre de baby boys qui arrivera bientôt. Je vais me fier a mes instinct, mes expérience (educatrice), et a la nature et le corps humains pour faire en sorte que mon enfants aille bien, avant de le surmedicaliser comme c’est la grosse mode aujourd’hui! Tres franchement, on porte ce bébé, on commence a ressentir les chose 9 mois avant sa venue au monde, et c’est nous qui passons le plus clair de notre temps coller a notre petit poux, alors comment une infirmiere qui le voit pour la 1ere fois et depuis moins de 60sec peut dire que ca va super bien aller, bébé va se sentir en confiance dans une salle seule a subir une ponction lombaire?!?! J’ai ce cas qui me revient en tête car c’est arrivé a ma mere et ma petite sœur, et comme ma mere l’a dit *elle sait pas où elle était, ni dans quel monde* mais quand on lui a enfin ramener ma sœur, ca été la 1ere et derniere fois qu’elle a accepté de tout gober de la part des medecin et infirmiere sous prétexte que *l’heure est grave, laisser nous faire, on s’y connait!*. Une ponction lombaire pour un probleme de trouble de l’adaptation chez un enfant qui vient de commencer l’école… Ben oui, un trouble d’adaptation et une méningite, c’est tellement ressemblant, que cette ponction était obligatoire pour éviter un mélange de diagnostique!!! Ma sœur avait 5 ans et sans rappelle encore aujourd’hui, a 23 ans! Bref, je trouve que tu as bien tout dis dans ton article: on est pas des folles qui crions que la médecine vaut rien, mais on est assez lucide pour savoir qu’en tant que maman, on est la première ligne de défense de nos enfants, on est ceux qui les comprend et les connait le mieux, donc pourquoi se départir de notre droit de dire *NON vous agirez pas ainsi avec MON ENFANT*?? Parce qu’on a pas 10 ans d’études et un beau diplôme qui vaut environ 150 000$ de prêt et bourse? Loll hé… faites moi rire! J’ai pas le diplôme, mais cet enfant est la chair de ma chair…

  9. Il m’est arrivé quelque chose de semblable avec ma fille de 4 mois. Elle était malade et on devait confirmer si c’était une infection urinaire, pour se faire on devait entrer un cathéter. L’horreur. Je pleurais autant qu’elle. J’étais nulle. J’avais tellement peur que je l’ai laissé avec sa grand-mère et je suis allée pleurer dans le corridor. Après plusieurs répétition de torture pour le cathéter et des prises de sang ils ont décidé de la transférer en pédiatrie. Ben oui il y a avait de la pédiatrie dans l’hôpital mais ils ont choisi de torturer ma fille aux urgences pendant des heures.
    À la pédiatrie les infirmières ont pris un prise de sang en 1 minute et sans faire pleurer ma fille. Et la pédiatre à cancelé le cathéter et nous a renvoyé à la maison… Avec un suivi dans deux jours. Elle n’avait rien de grave finalement. Le pire elle l’a vécu à l’hôpital.
    Pauvre petite cocotte.
    Mais j’ai appris moi aussi. Je ne la laisserais plus jamais seule et elle ne ferait plus jamais des examens qui ne sont pas nécessaire et barbare.

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