Britten Dances: trois chorégraphes à découvrir

Le Royal Ballet of Flanders a présenté Britten Dances cette fin de semaine à Gand, en Belgique. La soirée a été structurée en trois temps, trois actes, par trois chorégraphes de ballet contemporain : Ashley Page, Cameron McMillan et Jiri Kylian. Célébrant le centième anniversaire du compositeur Benjamin Britten, le Royal Ballet of Flanders centre la thématique de sa production sur son œuvre musicale d’origine britannique.

Britten Dances Royal Ballet of Flanders
Britten Dances
Royal Ballet of Flanders

Ashley Page

Cette chorégraphe, la représentante féminine de la soirée, a offert deux courtes pièces de huit minutes aux spectateurs. Chacune présentait une ambiance totalement différente.

If Memory Serves : La première pièce, un quatuor composé de trois hommes et une femme, mettait de l’avant un genre plutôt classique. La femme, objet de convoitise, se faisait désirer par ses amants pour finalement en choisir un. Histoire conventionnelle, sans intrigue détonante! La muse semblait voler d’un partenaire à l’autre dans cette chorégraphie agréablement légère. Pourtant, les hommes m’ont semblée trop statiques au moment où ils auraient pu être plus présents. La musique où les accents étaient fortement marqués m’a semblée trop peu exploitée dans les demi-temps. Petit moment de qualité visuelle : les quatre membres du quatuor, de dos, qui s’appuient sur leurs jambes fléchies.

Courting the Senses : La deuxième pièce m’a parue plus excentrique, plus sombre. J’ai pris plaisir à m’inventer deux amants  épris l’un de l’autre et logeant dans un vieux manoir. Leurs mouvements tordus et articulés dans la faible lumière demandaient un regard averti pour capter tous les enchaînements. L’unité des deux danseurs reflétait bien leur connexion saugrenue. Malgré la musique très classique, le style excentrique qui s’est dégagé de cette pièce a apporté un contraste intéressant, créant ainsi cette ambiance trouble.

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Cameron McMillan

Dream Weaver : D’abord, chapeau à la flexibilité effarante des danseurs du Royal Ballet of Flanders! Les jambes infinies se sont déployées comme jamais. Pirouettes et dégagés s’enchaînaient; l’un n’attendait pas l’autre. McMillan propose un récit en quelque sorte, enfin j’ai cru qu’on me racontait une histoire! Parmi le grand groupe de danseurs hétérogènes, certains en blanc et d’autres en veston, c’était la panique. Un feu? Le décor orangé laisse supposer une nuit enflammée et un matin où tout est noirci de cendre. Les couples se mêlaient dans l’espace pour laisser place à des jeux de partenariats précis où les danseuses étaient sur pointes. La pièce a donné un souffle de dynamisme surtout par l’un des solos masculins exécuté à une vitesse affolante.

Jiri Kylian

Forgotten Land : Impossible de mentir, j’ai un parti pris pour ce chorégraphe dont j’ai déjà eu l’occasion de discuter. Il est remarquablement exquis! Force est de constater que cette soirée a été en gradation. Sa pièce, c’était la cerise sur le gâteau; le bonbon final que le public attendait. Kylian utilise la musique à son plein potentiel en relevant toutes les notes et les rythmes. Au départ, c’est une masse plutôt informe de danseurs tournés vers le fond de la scène qui s’agite sous nos yeux. Les femmes vêtues de longues robes soit blanches, rouges ou noires, dévoilent différentes personnalités. En fait, on nous présente des duos qui auront une saveur particulière leur étant propre. La dame en rouge sera vibrante et fougueuse alors que la dame blanche sera majestueuse et partagera une certaine égalité avec son partenaire. Les changements de tons, de vitesses, de personnalités ainsi que l’agitation perpétuelle donnent à la pièce ce parfait équilibre de composition. Encore une fois, les jambes articulées et interminables seront savamment utilisées avec de grands échappés, un mouvement de prédilection tout au long de cette pièce d’une vingtaine de minutes. D’ailleurs, les femmes termineront sur une image forte d’elles dans cette position.

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Les Flamands et les Britanniques vous semblent distants? Vous avez raison! Mais en fait, il s’agit de découvrir trois chorégraphes originaux, tout simplement!

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