Elle Québec : Quand l’ironie nous tient

Le Elle Québec propose dans son édition de mai, un numéro spécial sur 7 stars sans fard ni retouche. Affublée du titre « Et si la mode changeait de modèles? », cette édition promet une vision diversifiée du mannequin et de la mode. Si seulement c’était vrai.

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La couverture, je vous en parlais récemment dans l’article  «Et si la mode changeait de modèle?». , malgré la sublime Justine Legault, ne reflétait pas assez la diversité. J’aurais aimé voir des modèles de toutes tailles, âges et couleurs différentes. Toutefois, ce n’est pas le plus gros problème de cette édition.

Ça m’a pris 88 pages avant de tomber sur la section «Elle Rencontre», titrée Belles sans maquillage. Quatre ving huit PAGES avant de voir ne serait-ce qu’une petite couche du dossier que l’on prône sur la couverture. Quatre vingt sept pages de tendances, de vêtements, de maquillage et de publicités tournant autour du même thème avant d’arriver à la thématique de l’édition de mai.

On entre alors dans une sorte de bulle temporairement, au maximum le temps d’une trentaine de pages, toutes entrecoupées d’une publicité au changement de chronique. Par des points de vue différents, le Elle Québec amène diverses perspectives et une diversité d’opinion. Le plus intéressant est l’entrevue avec Ben Barry, fondateur de l’agence Ben Barry, qui enseigne la diversité à l’École de Mode de l’Université Ryerson à Toronto et a fait une thèse sur le sujet.

Avec une page d’entrevue et une photo en gros plan sur l’autre, Justine Legault apparait comme un simple prétexte. Et que dire des points de vue des cinq designers (Denis Gagnon, Dominic Tremblay, Marie Saint-Pierre, Simon Bélanger et José Manuel St-Jacques) ? Certes, ici ce n’est pas vraiment la faute du magazine, mais ça nous démontre à quel point le monde de la mode est loin d’avoir changé.

Deux d’entre eux sont foncièrement contre la diversité dans la mode, et deux, quoique d’accord n’en voit pas l’intérêt. Pourtant Ben Barry affirme dans sa thèse de doctorat en marketing, que lorsqu’une marque utilise des mannequins qui ressemblent aussi à des femmes qui n’ont pas la taille 0 et ne sont pas juste caucasiennes, celles-ci augmentent ses ventes.

Si ce n’est pas avec l’argent que les compagnies pourront le comprendre, quel argument devront-nous leur donner?  Je m’égare un peu, mais cela fait partie du phénomène extrêmement fâchant dans lequel « Et si on changeait de modèles?» est paru.

C’est d’une ironie énorme qu’un magazine qui détient une grande part des ventes dans le marché des revues féminines propose une édition spéciale de ce genre et que le contenu relié à celle-ci se retrouve aussi loin.

J’irais même jusqu’à dire que c’est de rire des lectrices de faire la mise en page ainsi. Qu’est-ce que cela aurait coûté de changer pour une seule fois le fonctionnement du magazine?

En voulant faire passer un message, j’ai plutôt l’impression qu’Elle Québec a manqué le bateau. Je trouve ça aberrant…

Bref, Ironie quand tu nous tiens.

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Alexandra Philibert

Hyperactive du projet, Alexandra est une amoureuse des mots, du sport et de la musique country. Un contraste sur deux pattes que vous retrouverez le nez dans un livre ou probablement perdue à Nashville.

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