Warwick : en terrain miné

Texte de Jean-Philippe Baril Guérard

Mise en scène de Michel-maxime Legault

Crédit photo La compagnie L'Escadron
Crédit photo La compagnie L’Escadron

Aborder une réalité de moins en moins présente, un fait d’actualité de moins en moins actuel, parce qu’il semble être rangé, bien au fond d’un tiroir, oublié. La compagnie L’Escadron (composée des finissants en interprétation du Cégep de Saint-Hyacinthe de 2012) et l’auteur, Jean-Philippe Baril Guérard, se sont donnés le défi de se le rappeler. Se rappeler que tout n’est pas encore terminé, du moins, jusqu’en 2014…

Warwick, c’est la douce chute d’Hubert, un jeune soldat qui revient d’Afghanistan, deux jambes en moins. Ce qui devait être à la base un coup d’argent, devient en fait un fossé, dans lequel il s’enfonce de plus en plus. Au contact de son ancien milieu, dans son ancien cercle d’amis, il ne se trouve plus, mais il ne peut plus retourner où il veut être. Il est piégé dans un endroit pourtant sécuritaire, mais où l’isolement est source de tout danger…

Un sujet qui a été abordé de toutes les façons, tant au cinéma que dans les médias, mais qui demeure somme toutes tabou, surtout quand on songe au résultat. Ces jeunes soldats qui livrent combat, au nom d’une paix qui n’a toujours pas pris place, malgré tous les efforts déployés, sont-ils sacrifiés en vain ? Un texte miné d’informations sur l’armée, ses comptes-rendus et ses communications bourrées d’euphémismes, servant à ne pas affoler le public… Pour qu’il oublie. Et il oublie. Une mise en scène précise, habile et très physique, un texte rude qui explore avec le public une vérité qui n’est pas bonne à dire, à rappeler. Encore. Une relève d’acteurs très engagés, prêts à tout donner pour livrer leur message d’une façon personnelle et faire leur place dans le métier. Une scénographie ingénieuse et équilibré, qui revêt l’aspect sombre et isolé de ses personnages. Warwick est une création qui démarre plutôt bien la jeune carrière de ses interprètes !

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Présenté à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier

Jusqu’au 16 février.

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