MOMMY : « un gros fuck you jouissif à la droite conservatrice »

Texte d’Olivier Choinière

Mise en scène d’Olivier Choinière et Alexia Bürger

Crédit photo : Galerie d’images du Théâtre Aux Écuries

Par où commencer ?

Note dans le programme du spectacle : «Un grand merci à mon crew sur scène et dans les coulisses. J’ai fait le show que je voulais». Effectivement. Je ne peux qu’acquiescer.

La toute dernière création de Choinière n’a aucune censure. Essentiellement à saveur politique, tout y est mis à vif, exposé rudement et balancé (littéralement!) aux visages des spectateurs, sous format rap. Un genre éclectique qui se dégage momentanément du théâtre pour verser dans le spectacle musical. Choinière est ainsi en terrain connu, lui qui avait déjà expérimenté la formule avec Chante avec moi, en 2010.

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MOMMY est la prétendue victime de «l’histoire», une morte-vivante qui a connu toutes les époques de l’histoire du Québec et qui revient hanter avec son bon vieux temps (datant d’avant 1959). Sortant de sa tombe, elle sert un discours vénéneux sur la jeunesse, à la jeunesse, en adoptant un langage qu’elle connait : le rap. Printemps érable, casseroles, Harper, Charest, Duplessis, mais aussi zombies, têtes arrachés, René Simard, Jean-Pierre Ferland, la Fée clochette, Walt Disney et même… Non. Je ne le dirai pas, mais rien ni personne n’est épargné. Vous comprenez tout de même ce que je veux dire par éclectique? Comme le disait Choinière lui-même en entrevue, MOMMY est «un gros fuck you jouissif à la droite conservatrice». Et ça paraît. De quoi ramener les étudiants sur leur cause, tout juste avant le Sommet sur l’éducation.

Cependant, il faut un certain temps avant de comprendre le noyau de la pièce et d’embarquer dans cette orgie de n’importe quoi. Les excellents textes provoquent le rire (et le malaise!) comme convenu, le climat d’imbécilité est foutrement bien assumé par ses comédiens (notamment Stéphane Crête, hallucinant dans ses multiples imitations!), mais… ce n’est pas tout de balancé un immense fuck you et de l’assumer. Dans ce cas-ci, doser et ajuster n’aurait pas fait de tort. Le concept est plutôt difficile à digérer, mais c’est ce qui fait qu’on en parle autant à la sortie… N’est-ce pas ce que cherchait à faire Choinière, de toute façon ?

Présenté au Théâtre Aux Écuries jusqu’au 9 mars

Une création de L’Activité

* L’entrevue mentionnée est celle du journal Voir avec Olivier Choinière.

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