Février nostalgique

Ces temps-ci je me sens nostalgique. C’est sûrement parce que ma vie a bien changé depuis quelques années que les souvenirs de mon adolescence refont surface. Chaque fois, que je pense à mes 15 ans, je ne sais pas si je dois en rire ou en avoir honte. Quand mes parents me disaient qu’on ne connaît rien de la vie à cet âge, ils avaient raison. J’ai pris trop de temps avant de comprendre ce fait.

Tout ça m’a fait réfléchir aux livres qui m’ont marquée pendant mon adolescence. Bizarrement, le premier qui me soit venu en tête est un livre de la courte échelle, mince comme tout de Carole Fréchette : Carmen en fugue mineure.  Vous l’avez peut-être déjà lu, je crois que c’était un roman mis au programme de français. D’habitude je n’avais pas grand estime pour les choix littéraires du ministère de l’Éducation. Toutefois, Carmen en fugue mineure, j’ai adoré. Je m’en rappelle encore. Je me rappelle comment je m’étais sentie en lisant.

carmen

C’est l’histoire d’une fille qui n’aime pas son prénom. Elle trouvait qu’elle n’avait pas assez de force de caractère pour être une Carmen. Vous comprenez que notre personnage se sent un peu mal dans sa peau et n’a pas beaucoup confiance en elle. Tellement, qu’elle décide un matin de ne pas faire son exposé oral qui l’énervait tant et de s’enfuir. La journée qui suivra sera périlleuse et surtout une quête de soi.

Ce qui m’a marquée le plus dans tout le livre, c’est le vol de rouge à lèvres. Carmen au début de son escapade téméraire a volé des échantillons de cosmétiques dans un magasin à grande surface pour se prouver qu’elle avait de l’audace. Au fil des pages, elle s’était servie des nombreuses couleurs des rouges à lèvres et elle s’était rendue compte que ces multiples teintes et facettes n’étaient pas elle. C’est poétique un vol de rouges à lèvres. Je ne sais pas pourquoi, ça m’est resté.

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En fait, c’est une belle histoire celle de Carmen. Quand on se cherche et que la complexité du monde semble envahir notre vision brouillée d’adolescente, c’est touchant de connaître ce personnage qui vit les mêmes choses. Puis, sa fuite impulsive m’avait fascinée. Je crois que Carmen, cette jeune femme anxieuse, a vécu une fugue à ma place. Cet être fictif m’a ouvert les yeux sur bien des choses. J’aimerais pouvoir vous parler de l’écriture, de la forme, de la structure du roman, mais malheureusement je ne m’en souviens pas assez. C’est drôle comme un roman qui à l’occurrence semble banal peut s’avérer une lecture bien particulière pour certains. Peut-être que je suis la seule de ma classe à avoir aimé le livre ou même l’avoir lu au complet. Il ne suffit que de petits détails pour apprécier une œuvre.

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