Coeur de Pirate – Interprète féminine de la demi-année

Dimanche dernier, le 28 octobre, a eu lieu la 34e édition du Gala de l’ADISQ au Théâtre St-Denis. Pour la septième fois consécutive, le gala fût animé par nul autre que notre incommensurable Louis-José Houde. Au fil des ans, la formule nous offre un spectacle redondant, mais bon, il n’y a pas trente-six manières de réinventer le gala. Tout de même, elle nous offre une belle soirée devant notre écran. En ce qui me concerne, j’ai été très surpris par la double nomination de Cœur de Pirate.

En effet, rappelons-nous deux événements qui ont marqué la vie de Mme Martin en cette dernière année, soit la sortie de son deuxième album intitulé Blonde et l’annonce publique qu’elle attend une petite fille. En soit, ces deux éléments fort heureux pour l’artiste, font la preuve que Cœur de Pirate s’accomplie sur plusieurs plans. On ne pourrait que s’en réjouir d’autant plus que ce dernier album lui aura valu le prix d’album « Pop » de l’année et le prix de l’interprète féminine de l’année.

Je ne discuterais pas de ce premier prix. Je ne doute nullement que son album méritait cet  hommage malgré le fait que je ne connais que ses airs les plus connues. Un tel débat relèverait plutôt des goûts et comme vous savez, les goûts ne se discutent pas. En fait, je questionne plutôt sa victoire de «l’interprète féminine de l’année 2012» sur le seul prétexte mentionné plus haut soit son retrait du mode musical suite à la naissance de sa fille.

Corrigez-moi si j’ai tord, mais une nomination pour le prix de l’interprète féminine de l’année ne relève pas seulement de la qualité d’un album. C’est un prix qui doit englober de nombreuses activités tels que des tournées promotionnelles, des collaborations avec des artistes, un engagement au sein de l’industrie de la musique, des vidéoclips, etc.  Incidemment, plus l’artiste en fait, plus il doit avoir de chance de remporter un prix. Le tout me semble non seulement logique mais nécessaire.

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Hors, comment se fait-il qu’une artiste qui s’est absentée pendant 6 mois de la scène musicale puisse gagner un tel prix ? Je ne suis en aucun cas un bon juge et j’ignore tous les critères qui sous-tendent les prix mais je ne peux m’empêcher de me poser cette question en tant que membre du public et auditeur. Prenons son homonyme masculin, Vincent Vallière qui a reçu le prix du meilleur interprète masculin de l’année. Depuis le 13 janvier 2012, il a donnée plus de sept concerts par mois et travaillé sur une version de son spectacle intime avec l’Orchestre symphonique de Montréal. Voilà un artiste impliqué au sein de la communauté artistique.[1]

J’aimerais souligner que l’ADISQ est une association québécoise qui «travaille à la survie et à l’épanouissement de productions musicales indépendantes, fortes, originales et innovatrices»[2]. Cette année, Cœur de Pirate aura conquis la France beaucoup plus que le Québec. C’est un exploit que tout artiste Québécois aspire mais doit-il vraiment être un critère pour une nomination au Québec ? Avons-nous vraiment besoin de l’accord des Français pour nous rendre compte qu’un de nos artistes bien de chez nous soit talentueux ? Enfin, ce simple fait nous fait-il oublier l’effort soutenu tout au long d’une année que certains autres artistes ont donné au profit de la notoriété internationale? Je ne l’espère pas.


[1] http://vincentvallieres.com/calendrier (page consultée le 29 octobre 2012)

[2] http://www.adisq.com/assoc-profil.html (page consultée le 29 octobre 2012)

Image: http://journalmetro.com/culture/180476/adisq-un-double-pour-coeur-de-pirate/ (page consultée le 1er novembre 2012)

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