Isabelle

Écrit et interprété par Fabien Dupuis

Dans une mise en scène de Marc Béland

Fabien Dupuis
Crédit photo : Ninon Pednault, La Presse

D’abord, l’histoire d’un cousin et d’une cousine et de leurs petits jeux d’enfants. Ensuite, la découverte de l’appétit sexuel, mais aussi le réconfort de se sentir aimé. Puis, l’accroc dans le tapis généalogique contesté par la mère, témoin de leur rapprochement très peu catholique. Lorsqu’on ne sait plus avec qui partager, la logique n’a pas d’importance, surtout lorsqu’il est l’unique espoir d’aimer et d’être aimé.Daniel, c’est le cousin (interprété par Fabien Dupuis). Isabelle, c’est sa cousine. Celle à qui il est demeuré fidèle dans son image de jeunesse et qui le suit dans son élan, en vain, d’adulte. Daniel, c’est un garçon, devenu grand, habitant encore chez sa mère, à trente ans. Daniel c’est l’enfant qui n’a jamais pu vieillir, puisqu’il n’a jamais eu de modèle d’adulte, du moins qui aurait pu lui donner envie de devenir adulte. Isabelle c’est l’explication de ce que peut être Daniel, là, maintenant, sous nos yeux. Le pourquoi de sa personne. C’est le développement d’une anecdote personnelle qui s’étend sur toute son histoire.

Au-delà du drame familial et existentiel que voici, il existe une sensibilité et une proximité rarement offertes au théâtre. Pratiquement du un à un. Un acteur pour un spectateur. Ce n’est pas le cas, bien évidemment (on ne veut pas que la compagnie fasse faillite), mais c’est tout comme. L’acteur en question ne se gêne pas pour continuer sa lancée à partir des réactions de la salle, qui sont sincères en retour d’un jeu aussi intimiste. Le personnage ne s’apitoie jamais sur son sort, préférant simplement nous le raconter, à cœur ouvert.

Belle interprétation, excepté pour les quelques trébuches dans le texte ce soir-là, qui m’ont à peine dérangée, tant le comédien les a bien reprises. La pièce propose une scénographie simple, mais efficace et une mise en scène laissant place au talent de l’interprète. Il faut d’ailleurs mentionner qu’un élément imprévu (des béquilles!) s’est habilement ajouté aux déplacements du comédien (Fabien Dupuis s’étant blessé lors d’un tournage avant les premières représentations de la pièce).

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On ne sort pas complètement bouleversé, transformé, mais on a passé un bon moment. Un moment vrai, comme seul le théâtre peut offrir à autant d’inconnus qui sont là, à écouter l’histoire d’un seul homme.

Présenté au Théâtre D’aujourd’hui, dans la salle Jean-Claude-Germain, jusqu’au 3 novembre.

Une création des productions J’le dis là 

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